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Moi moi et moi: Narcissisme : le bon, le mauvais, le pathologique

Célibataires Exigeants sur Lille Métropole (Groupe Privé )

Moi moi et moi: Narcissisme : le bon, le mauvais, le pathologique

« N’essayez pas de devenir un homme qui a du succès. Essayez de devenir un homme qui a de la valeur. » Albert Einstein

Parmi les personnes toxiques qui nous entourent et nous empoisonnent la vie, les narcissiques sont les plus insupportables… Mais, moins médiatisés que les pervers, leur profil nous échappe souvent, et nous ne savons pas comment les remettre à leur place et éviter de devenir leurs gentils faire-valoirs. S’il existe un bon narcissisme, qui nous aide à nous préserver, il en existe aussi un mauvais, qui pousse au repli sur soi, et un pathologique, encore plus dévastateur… Sans oublier le narcissisme caché, qui se manifeste paradoxalement par un dénigrement de soi systématique qui dissimule les mêmes mécanismes nombrilistes.

Comment ne pas se laisser submerger par les TPMG (Tout Pour Ma Gueule):

L’individualisme narcissique a envahi notre société, notamment au cours du  XXe siècle où il s’est propagé à la vitesse des nouveaux modes de consommation au mépris de notre planète (déchets radioactifs, réchauffement climatique, déclin des ressources). Mais les narcissiques rôdent aussi dans la vie quotidienne, au travail, en société, en famille, en couple et même chez NEWLIFE et nous rendent la vie infernale.

Il y a cinquante ans, Jacques Dutronc chantait déjà: « le dimanche à la chasse au lapin, avec mon fusil je suis le roi, et moi et moi et moi ». Le narcissisme, bien qu’exacerbé de nos jours, n’est donc pas une nouveauté même si le concept est relativement récent. Tout le monde connait l’histoire de Narcisse se mirant dans l’eau, dans la mythologie grecque, mais il n’a été évoqué en psychanalyse- par Freud- qu’à partir de 1914.

La société est désormais submergée par ce que l’on nomme d’un acronyme les TPMG (Tout pour ma gueule) et ceux qui les refusent ou les dénoncent semblent entrer dans une forme de résistance parfois moquée.

Le TPMG, espèce largement répandue  au XXIe siècle, pense à soi avant de penser aux autres.  C’est celui qui va s’asseoir sur le strapontin dans une rame de métro bondée, ou qui nous met son aisselle transpirante sous le nez, c’est aussi celui qui va fumer un énorme cigare sous votre nez et celui de votre enfant  puis le jette dans le bac à sable d’un parc du 7e arrondissement, ou encore votre voisine du dessus qui va faire de la corde à sauter pour éliminer ses toxines jusqu’à 1 heure du matin en vous disant qu’elle est chez elle. A l’échelle planétaire, c’est le mépris écologique, les logiques de profit et de surconsommation qui font sombrer, avec arrogance, les humains.

Un peu d’espoir ? Les bons narcissiques existent et combattent le nombrilisme. Le succès fulgurant du film « Demain » cité par Hélène Vecchiali fait miroiter des solutions  par une prise de conscience globale des dommages subis et des solutions à adopter telles que l’agroécologie.  Hélène Vecchiali évoque aussi la réussite de la ville de San Francisco qui recycle 80% de ses déchets en générant des profits et en créant des emplois.

Dont acte, ne pas hésiter à rabattre le caquet  d’un hypernarcissique qui vous pourrit la vie et porter au pouvoir les bons narcissiques,  en dégageant les mauvais qui malheureusement ont réussi leur opération de séduction pour se faire élire.

« Sur les réseaux sociaux, les clichés s’accumulent, sans filtre, sans humilité et la mise en scène de soi est permanente. L’appareil photo est désormais braqué sur soi, dans un enfermement réducteur, une complaisance vaniteuse »

Hélène Vecchiali, psychanalyste, coach de hauts dirigeants et de comités de direction, vient de publier Moi, moi et moi, narcissisme: le bon, le mauvais, le pathologique.

Hélène VECCHIALI. – Même s’ils appartiennent au même champ théorique, les mécanismes de ces manières d’être sont différents. L’égoïste est centré sur lui, son profit, ses intérêts. Un exemple d’égoïste très bien ficelé est celui du personnage interprété par Christian Clavier dans le film Une heure de tranquillité. Un amateur de jazz qui rentre chez lui avec un disque rare et n’a qu’un objectif, l’écouter tranquillement, sans être dérangé par quiconque, ni sa femme dépressive, ni ses enfants en rébellion, ni ses voisins en difficulté… L’égocentrique, lui, ramène toujours tout, les situations, les enjeux, à lui. Son opinion est la plus importante, il aime être au centre des intérêts, mais il n’a pas vocation à être aimé. Le narcissique, lui, a un besoin viscéral du regard des autres et il ne cesse de leur envoyer des messages du type: «Regardez j’ai la plus belle voiture», «mes enfants sont les plus intelligents», pour espérer voir confirmé son pouvoir de séduction.

«Quand l’hyper-narcissique ne cesse de se vanter, d’étaler ses plus, l’hypo-narcissique fait le pari, pour exister aux yeux des autres, d’être moins plutôt que rien»

Le narcissisme est désormais un terme rentré dans le langage courant, donc bien connu?

Oui, mais ce mot, à force d’être employé à tout bout de champ, est victime de son succès. J’essaie dans mon livre de bousculer plusieurs idées reçues. D’abord, il n’a pas forcément de connotation négative. Rappelons qu’au départ, chez Freud, il évoque la capacité de l’enfant à s’aimer et à pouvoir aimer les autres. Il est donc au fondement de notre identité. C’est parce que nous avons été reconnus comme quelqu’un de précieux que nous pouvons nous aimer, nous respecter (narcissisme primaire) et aimer autrui (narcissisme secondaire). Cette ressource devient un problème quand elle s’est transformée en «hypo-narcissisme» ou «hyper-narcissisme».

L’hypo-narcissisme est assez mal connu, comment se manifeste-t-il?

Il renvoie à toutes ces personnes qui, lorsque vous les rencontrez, insistent sur ce qui est défaillant chez elles: elles ne sont jamais «assez» et ont une grande capacité à se dévaloriser. Vous les complimentez, mais elles vous répondent en victimes: «Oh non, j’ai bonne mine mais en réalité je ne suis pas en forme, etc., etc.» Quand l’hyper-narcissique ne cesse de se vanter, d’étaler ses plus, l’hypo-narcissique fait le pari, pour exister aux yeux des autres, d’être moins plutôt que rien.

«Le bon narcissique est dans une relation apaisée avec lui-même. Il vit dans la capacité de s’aimer sereinement, sans regarder sans cesse les horloges du temps qui passe et les miroirs»

Dans votre recherche, vous avez interviewé des personnalités, acteurs sur le devant de la scène, hauts dirigeants… Qu’en avez-vous appris?

J’avais, concernant les acteurs, un a priori, pensant qu’ils souhaitaient avant tout se mettre en valeur. En réalité, j’ai constaté chez ceux que j’ai rencontrés une grande humilité. Comme me l’a confié Pierre Arditi: «Le moi ne suffit pas. Il y a aussi les partenaires, le texte, l’auteur, le metteur en scène…» Quant aux hauts dirigeants, ils sont conscients de la nécessité de se protéger de toute tentation hyper-narcissique. Pour beaucoup, leur famille et de vrais conseillers, capables de leur parler avec franchise, sont les meilleurs alliés dans cette quête d’une certaine humilité.

Que serait alors un narcissisme «sain»?

Le bon narcissique est dans une relation apaisée avec lui-même. Il vit dans la capacité de s’aimer sereinement, sans regarder sans cesse les horloges du temps qui passe et les miroirs. Il enrichit ses liens affectifs, travaille pour être efficace, éprouve du plaisir à la tâche et pas seulement pour ramener des médailles. Enfin, il se préoccupe autant de son corps que de son âme.

*«Moi, moi et moi, narcissisme: le bon, le mauvais, le pathologique», éditions Marabout

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